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Savoir dire N.O.N, c'est reposant.

26.03.2008

Blog14_non Vous êtes une bonne pâte.
Vous ne savez pas dire non.
Et, du coup, vous vous laissez un peu marcher sur les pieds. Ouille.

Pourquoi est-ce si difficile de dire non ?
Pas évident de passer pour une fille « pas cool » … Pas réjouissant non plus d’être prise pour une bonne poire ! Décortiquons le système :

1. Ce que l’on pense : « Refuser un service, ce n’est pas gentil.»
Ce que l’on devrait penser : Il est encore moins gentil de mentir et de tromper quelqu’un en lui disant « Tu plaisantes ! Bien sûr que cela ne me dérange pas de venir t’aider à déménager un dimanche à 7 heures du mat’ ». Si vous rajoutez « ce sera un plaisir » vous serez brûlée sur le bûcher.

2. Ce que l’on pense : «Les autres ne m'aimeront plus si je leur dis non, et ça, je ne le supporterai pas »
Ce que l’on devrait penser : Sans doute que Chloé vous rendra moins visite depuis qu’elle sait que vous ne lui prêterez plus vos Jimmy Choo. Mais cette amitié était elle basée sur des sentiments sincères ou juste sur le fait que-vous-claquez-tout-votre-salaire-dans-des-escarpins-et-qu’elle-aime-bien-en-profiter ?
Soyez convaincue que les gens qui ne voient en vous qu’un réservoir de sous/ une bonne adresse pour dîner/ un bon plan baby-sitter ne seront pas traumatisés par un refus (ils ont d’autres assiettes dans lesquelles aller piquer).

3. Ce que l’on pense : «Un non est agressif, et je ne veux pas être quelqu’un d’agressif.»
Ce que l’on devrait penser : Pas la peine de crier pour dire Non. On peut s’exprimer de façon calme, respectueuse et sans conflit. Entre s’affirmer et agresser, il y a une différence.

Comment faire pour dire non tout naturellement

  • Utiliser le « Je ». Cela permet de faciliter la compréhension des sentiments qui sont exprimés : l’interlocuteur peut s’identifier à votre discours et mieux accepter vos arguments.
  • Clarifier le message.  Dites les choses tout de go : « je suis désolée mais je ne pourrais pas prendre ta garde ce soir » sans se justifier absolument. Ne pas partir dans des commentaires, bafouiller des excuses … plus vous vous perdez dans vos explications, plus vous vous empêtrez. Vous montrez votre trouble et l’autre en profitera sans doute pour essayer de vous convaincre de changer d’avis.
  • Arrêtez de culpabiliser : vos interlocuteurs vont tout faire pour vous faire croire que vous êtes une vilaine fille si vous dîtes non. Sachez résister à  leurs arguments et ne cédez pas au chantage affectif.
  • Changer de disque : au lieu de laisser sa petite voix intérieure vous répéter « tu n’es pas sympa », se mettre en boucle une autre affirmation « je vais m’occuper de moi » ou « je veux bien être gentille mais faut-pas-pousser-mémé-dans-les-orties ».

Exercices pratiques :
1.    Commencez par quelque chose de facile, de peu « impliquant » et sans grandes conséquences : alors que vous avez toujours été disponible pour elle, vous n’allez pas tout d’un coup refuser tout ce que vous demande votre meilleure amie. Déclinez une petite proposition d’abord, étudiez les réactions. Félicitez vous de votre succès avant de recommencez avec du plus lourd.
2.    Prenez un temps de réflexion : l’argument commercial « c’est le dernier en stock, il faut vous décider tout de suite », ça ne marche pas avec pour vous ! En vous pressant, on essaye de vous arracher un accord sans vous laisser le délai nécessaire pour peser le pour et le contre. Pour ne pas vous précipiter, annoncez clairement que vous ne prendrez pas de décision immédiate « je vais réfléchir », « je fais un tour et je reviens », quitte à passer pour une gourde, vous pouvez aussi essayer « il faut que j’en parle à mon chéri/ à ma mère/ à mon chien ».
3.    Pensez aux conséquences de votre réponse : vous acceptez cette surcharge de travail, vous allez rester plus tard au bureau tous les soirs, vous serez débordée, vous bâclerez votre boulot habituel … un cercle vicieux qu’il est bon de voir venir … et de ne pas enclencher.
4.    Découragez votre adversaire : répétez toujours votre argument jusqu’à ce qu’il finisse par l’entendre (quitte à dire 10 fois la même chose. Vous aurez l’air cruche mais sûre de vous). Laissez entendre que vous avez compris les reproches de l’autre mais que cela ne vous fera pas changer d’avis « je vois bien que cela ne te fais pas plaisir mais je ne peux pas venir samedi ». Ces deux techniques devraient finir par venir à bout de leur résistance.
5.    Proposez une autre solution : dire non, c’est bien beau (et bon pour vous). En revanche, vous voulez évitez que votre refus soit mal pris, il est sage de montrer que vous avez réfléchi au problème et que vous compatissez avec celui qui vous demande quelque chose. Exemple : « Je ne peux pas te prêter mon appart’ pour tes rendez vous avec ton amant mais je veux bien dire à Paul que j’étais avec toi au ciné s’il me téléphone », « Je n’irai pas au rendez vous avec les clients japonais à ta place mais je peux te filer mes notes sur le dernier meeting pour que tu ne sois pas larguée », etc.

Et vous, vous faites comment ?

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