Tous ensemble ! Tous ensemble !… ou pas ?
Et encore une journée d’action prévue pour le jeudi 28 octobre, et une autre annoncée pour le samedi 6 novembre… Une « journée d’action » ? Ou une journée… d’inaction ? Des transports qui ne transportent plus. Des étudiants qui n’étudient plus. Même les pompes à essence ne pompent plus, faute de carburant ! On ne va pas vous apprendre que ce qui bloque, en ce moment, en France, c’est la réforme du régime des retraites, jugée indispensable par le gouvernement, mais dure et injuste par les salariés. Et quand ça bloque à l’Assemblée Nationale ou au Sénat… eh, bien, c’est le pays entier qui est bloqué !
Tout le monde a son opinion sur la question. Difficile de ne pas soutenir les citoyens en colère, car après tout, même si nous ne descendons pas tous dans la rue, nous sommes probablement des citoyens en colère à 99% (par les retraites, et par bien d’autres choses, des impôts favorables aux riches, un nombre d’enseignants insuffisant, les sujets ne manquent pas). En même temps, la plupart d’entre nous appartient aussi à cette majorité silencieuse qui subit et doit faire avec la paralysie. Comme ces travailleurs du matin qui voyagent debout dans des RER bondés, quand ils ont au moins la chance d’en attraper un, ou quand leur train ne se retrouve pas stoppé pendant deux heures sur les voies, avec les portes grandes ouvertes s’il vous plaît (et par 6° dehors - expérience vécue).
Bien sûr, on n’en est pas aux grandes grèves de l’hiver 1995, qui ont laissé des traumatismes chez ceux qui les ont vécues (même s’ils en ont profité pour redécouvrir le vélo et se forger des mollets d’enfer ! - il faut toujours voir le côté positif des choses…) Mais la lassitude est tout de même bien palpable dans les bureaux et sur les quais des gares. Et vous ? Est-ce que vous êtes dans la rue, banderole à la main, à défendre vos convictions ? Ou plutôt coincée dans un wagon qui refuse d’avancer, tout en songeant aux heures qu’il va falloir pour récupérer ce retard ? En fait, comment vivez-vous cette spécialité française (qui est aussi l’un de nos droits les plus précieux, rappelons-le) : la grève ?
Illustration : la grève au début du XXème siècle. Déjà…






