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A la une de l’actu... le trou de la Sécu !

10.02.2012

 

 

Sécu

 


 

Eh bé les Paresseuses ont vraiment décidé d’être fun et sexy, aujourd’hui ! En même temps, c’est un sujet qui nous concerne toutes, sur lequel on a toutes un avis, qu’on aie envie de l’exprimer ou non.

 

Donc, la Sécu... Quand on était petites, c’était la fierté française, l’exception qui faisait de nous, patrie des droits de l’Homme et de la liberté-égalité-fraternité, une terre idéale, sur laquelle n’importe qui pouvait être soigné à peu près gratuitement.

 

Aujourd’hui... Le système ne fait plus franchement rêver. Quand on constate que les sirops pour la toux jadis remboursés ne le sont plus. Quand un euro est grignoté par-ci par-là sur les remboursements des consultations. Ou quand les déremboursements en cascade dissuadent les plus pauvres d’aller chez le dentiste ou de se lancer dans certains actes chirurgicaux.

 

On a envie de demander à quelques Paresseuses témoins ce qu’elles pensaient de tout cela. Attention, elles n'ont pas toutes leur langue dans leur poche !  

 

 

 

 

Copa Cabana La Sécu, c'est une invention formidable, une garantie d'équité dans un monde où l'égalité (financière, ou de la santé) n'existe pas. Cependant, elle est bien malmenée depuis quelque temps notre Sécu, avec son fameux trou, et les mutuelles prennent le pas sur cette institution. On perd l'esprit de la Sécu. Etudiante, combien de fois ai-je renoncé à des soins pour préserver mes finances ? Je reste farouchement attachée à cette institution même si je pense qu'il est nécessaire de mieux la contrôler pour la rendre pérenne : 

 

- développer la prévention. OK il y a un investissement initial, mais plus tôt on traite les affections, mieux elles sont soignées (et pour moins cher). Par exemple, on pourrait prévoir un gros check-up gratuit tous les 10 ans pour tout le monde, qui serait dispensé par le service public de l'hôpital ; 

- rationaliser les coûts : aujourd'hui pour être totalement remboursée avant d'aller voir un spécialiste, je dois aller voir un généraliste, étape qui est pourtant loin d'être indispensable. Résultat, je coûte 2 fois plus cher à la Sécu que si j'allais voir directement le bon médecin ; 

- continuer à contrôler les salariés pour éviter les abus, OK ; mais aussi... mieux contrôler les médecins, et cela va de pair avec leur formation ;

- mieux former les médecins : leur formation (notamment continue) est aujourd'hui trop souvent prise en charge par les labos. Et pas par altruisme ; le but des labos est de conditionner les médecins à prescrire plus. Cela est-il vraiment nécessaire, à part pour l"industrie pharmaceutique ? Aujourd'hui avec le déremboursement de certains médocs, j'ai l'impression qu'on "punit" les patients, au lieu de traiter le problème à la source. Si le médicament n'est pas utile, on ne le prescrit pas, c'est tout.

 

Je suis certaine qu'il y a potentiellement d'énormes économies à faire pour la Sécu (petites économies d'échelle qui du coup deviennent très importantes, ou mieux contrôler les grosses dépenses), pour préserver cette chouette institution, et permettre à tous de se soigner. A quand un grand somment sur la Santé ? 

 

 

 

Elodie Le trou de la sécu ça m'évoque une grosse hypocrisie de la part des politiques !! Et d'ailleurs ça me fout bien en rogne ça, car il a bien été montré que si la sécurité sociale est en déficit, c'est parce que l'Etat ne verse pas ses cotisations : s'il le faisait d'un coup, il y aurait un bénéfice de plusieurs milliers (peut-être même millions) d'euros ! A la place, l'Etat (toujours lui) préfère nous faire culpabiliser et réduire les remboursements et indemnisations. Au quotidien, ça se traduit par une prise en charge de plus en plus faible des médicaments et dispositifs médicaux (notamment lunettes que nous portons tous dans la famille). J'ai la chance d'avoir une bonne mutuelle d'entreprise et mon mari également, donc nous nous en sortons plutôt bien. Ceci dit, je suis solidaire, déjà des personnes qui n'ont pas les moyens de se payer une bonne mutuelle, et également des personnes atteintes de maladies rares et/ou chroniques et qui ont besoin de traitements quotidiens coûteux : c'est une vraie ruine pour ces personnes qui n'ont pas choisi d'être malade.

 

« Est-ce qu’on n’a pas poussé, autrefois, le bouchon trop loin, à imaginer un système de santé idéal mais ingérable à long terme et dont il est logique de voir la fin ? Ou bien ce système qui rétablissait l’égalité entre les riches et les pauvres devrait-il être préservé tel quel ? » demandent les Paresseuses dans leur mail. Ce système est un réel système de solidarité, et si tout fonctionnait correctement, il pourrait permettre à tous d'accéder à des soins corrects et faire la fierté de notre pays. Cependant, beaucoup d'abus ont donné l'excuse à l'Etat de détruire à petit feu ce système de santé idéal. Et tout comme pour l'environnement, ce sont des petits actes personnels comme ne plus faire (pour les médecins) ou demander (pour les patients) des arrêts maladie non justifiés et acheter au maximum les versions génériques des médicaments (et non la marque parce qu'on l'a vue à la télé, c'est exactement la même molécule !!)

 

 

 

Nathalie Le trou de la sécu est une vaste plaisanterie ! Il y a belle lurette que nous en sommes au gouffre presque sans fond. Détrompez-vous, je n'ai pas vraiment le coeur à rire quand on évoque ce sujet parce que oui, cela fait un petit moment déjà que je suis obligée de mettre de plus en plus la main dans mon porte-monnaie parce tel médicament est moins remboursé, voire plus du tout. Même chose quand je regarde de plus près mon décompte, il y a des lustres que je n'ai plus vu une consultation intégralement remboursée même avec le concours de ma mutuelle. Donc oui, je les sens bien les mesures prises pour diminuer la taille du trou de la sécu… Sauf que le trou, il ne se comble pas et pour cause.

 

Avec les cas de cancers toujours plus nombreux, les nouveaux traitements pour ceci ou bien cela, les nouvelles infrastructures ou technologies mises en route, la sécu, elle n'en voit pas le bout non plus. Certes les patients sont mieux soignés pour tout et niveau espérance de vie, on y a gagné, reste juste que pour les maux plus quotidiens, on doit payer plus car il n'y a plus danger de mort. C'est du confort… Mouais, vous avez essayé de manger sans une seule dent vous ? Ben oui, un dentier, c'est du confort ma petite dame !!!

 

Les abus des assurés ? Ils existent certainement, mais ce ne sont pas eux qui expliquent une telle envolée des dépenses, mais plutôt une nouvelle médecine plus performante et plus coûteuse. Et si on ajoute à cela le chômage, les cotisations qui ne se font plus comme avant, forcément la sécu, elle dépense plus qu'elle ne gagne.

 

Pour autant, je suis pour que l'on conserve notre système de santé car il est le garant de la bonne santé des habitants de notre pays. Et qu'a-t-on de plus important que la puissance vitale d'une population en cas de coup dur ? Rien !!!! Faisons la chasse aux laboratoires qui font tout pour faire payer le système à nos dépens. Faisons de la santé notre richesse nationale au même titre que l'éducation. Parce que franchement un modèle de système de santé comme on en trouve aux USA, cela ne me fait pas rêver, non, non, non…

 

 

 

Ansoiz D'une part, en tant que citoyenne, je trouve que l’invention de la Sécurité Sociale il y a plus de 50 ans trouve ses fondements dans les valeurs humanistes de l'époque... qu'il ne faudrait pas que les impératifs financiers nous fassent oublier. Ok il y a un déséquilibre (un trou ???), mais pas, a priori et dans ce que j'en comprends (parce que c'est bigrement technique quand on s'intéresse au sujet), dans toutes les branches ! Et là, de quoi parlons-nous ? De la couverture du risque maladie ? maternité ? vieillesse ? N'oublions pas qu'à l'époque, c'est la sécu qui a permis d'asseoir le statut du travailleur, avec des droits qui risquent de se déliter aujourd'hui...

 

Avec les déremboursements d'une part, c'est la complémentaire santé de chacun qui est plus mise à contribution : d'où les augmentations de tarifs. Et oui, se soigner coûte plus cher. Mais comment font ceux qui ne peuvent se payer de mutuelle alors? Pour ce qui est de la branche vieillesse, je me demande ce qu'on peut dire de plus que ce qu'on entend dans les débats publics... Les personnes qui ont une cinquantaine d'années s'interrogent sur leur intérêt à rester travailler, ne croyant plus du tout au "travailler plus pour gagner plus" (dans l'immédiat, et en cotisations retraite). Et moi, je suis d'une génération que le système oblige à vivre au jour le jour, car je sais que je n'aurai probablement pas de retraite ou au mieux peu (et qu'il faudra que je m'assure moi-même pour cet avenir) alors que je cotise plus que mes aïeux (et pour eux). Ce système de solidarité, j'y crois profondément, mais du fait de son déséquilibre, il nous amène à être plus individualistes et à penser à nous aussi... un peu... (!)

 

Et tout ça, je l'observe au quotidien à mon travail. Je suis en effet amenée à rencontrer des gens qui, faute de moyens, ont "choisi" (c'est relatif !) une mutuelle la moins chère possible, avec donc un minimum de couverture, et pour lesquels se pose donc la question du dépassement d'honoraires ou celle des conditions de retour à domicile (l'assistance à domicile contenue dans les contrats mutuelle dépend du niveau de garantie ; lisez vos contrats !!!) Avec le désengagement du système de base, on touche donc là bien à l'accès aux soins, et ce alors même que le système de santé est en totale réorganisation.

Je vois aussi des personnes retraitées, avec une toute petite pension, et qui s'interrogent sur leur maintien à domicile. Quant à ceux qui croyaient pouvoir bientôt partir, ils sont assez désenchantés, et pensent qu'ils courent après une chimère (partir avec une retraite pleine).

 

Mais la question est : la solidarité est-elle encore possible sous cette forme du fait de la transition générationnelle à laquelle nous assistons ? Comment faire et est-ce possible de "satisfaire" tout le monde ? Beaucoup de questions que je me pose (et je pense ceux/celles de ma génération), voyant l'avenir assez trouble et essayant déjà de se débrouiller au quotidien...

 

 

 

Emilie La Sécurité Sociale... si je vous dit que certes, c'était une belle invention et ça partait sûrement d'un bon sentiment mais qu'aujourd'hui, c'est un "royal-foutage-de-gueule", me direz vous que j'ai un avis un peu trop tranché sur la question ? Déjà, je déteste y mettre ne serait-ce que l'ombre de mon pied : des files d'attente interminables, des dossiers toujours incomplets et d'un jour sur l'autre / d'une minute à l'autre / d'un fonctionnaire à l'autre, des réponses sans cesse différentes. Heureusement, le téléphone existe.... pffff, celui qui essaye de les contacter par le biais du 3646 ou je ne sais quel autre numéro à intérêt à s'armer de patience et à ne pas être cardiaque au vu du prochain montant de sa note de téléphone. Un automate vous susurrant à l'oreille interminablement qu'un "conseiller traitera vote demande dans quelques minutes", les quelques minutes se transformant inévitablement en dizaines de minutes si bien que dans un accès de ras le bol, mieux vaut raccrocher sereinement tant qu'il en est encore temps plutôt que de balancer le combiné par la fenêtre (ça évitera quelques dépenses inutiles !!)

 

On en arrive ensuite à parler aux fondements même de la Sécurité Sociale (La Sécu pour les intimes, S.S pour ceux qui veulent se la péter !) : les remboursements !! J'ai beau avoir un médecin méga sympa, demi-dieu du stéthoscope, qui me dit "Je ne te prescris que du remboursé", fatalement, dès que j'arrive devant le guichet et que je donne mon ordonnance à la gentille dame derrière, j'ai toujours le droit au couplet "Par contre, le sirop pour la toux/ l'antibiotique / le médicament pour la diarrhée / le pshitt pshitt dans le nez n'est pas remboursé" "Ah bon, vous êtes sure, mon médecin m'a dit que si !" "Non Madame TrucMuche, c'est déremboursé depuis le 1er de ce mois !" Et vlan, dans tes dents, t'avais qu'à avoir ta "grippe- trachéite-sinusite- gastroentérite" le mois dernier !! "Qu'est ce qu'on fait ? Vous les prenez quand même ?" "Attendez laissez-moi réfléchir, est ce qu'il vaut mieux les acheter avec mes pauvres petits deniers (qui en général, à la fin du mois, sont plutôt "empruntés" à la banque) ou aller directement m'acheter une pelle pour creuser ma tombe dans le fond de mon jardin ???" Et c'est ça pour tout maintenant, les antihistaminiques, les vasodilatateurs...

 

Alors moi je dis Ras le Bol, j'ai envie de taper du poing sur la table (enfin, pas trop fort quand même, parce que la pommade-pour-quand-tu-te-fais-mal, elle est pas remboursée non plus !) et de dire : "Et pourquoi, on aurait pas une sécu au cas par cas !" D'abord revoir le mode d'attribution de la CMU. Ensuite, pouvoir moduler les remboursements, en fonction de l'age et des pathologies. On sait tous très bien (je le sais très bien !) que les enfants sont abonnés aux rhumes / trachéites / bronchites... et que adulte, nous en avons beaucoup moins. A ce moment-là, garder le remboursement des sirops... nécessaires à soigner tout ça jusqu'à 12 ou 15 ans par exemple et l'enlever au dessus.

Pour quelqu'un souffrant de jambes lourdes chroniques (ça aussi je connais !!), garder le remboursement sur les vasodilatateurs mais l'enlever sur un autre type de médicaments, moins utilisés par ce patient. Un peu comme leur histoire de parcours de soins coordonné !!! ET enfin, admettre que soigner les dents et les yeux, c'est primordial parce que là, c'est un vrai coup de gueule que je pousse. Les remboursements en frais dentaires et optiques sont.... risibles.

 

Eh les Paresseuses, vous croyez pas qu'avec un programme comme ça, je pourrais presque me présenter aux présidentielles ???

 

 

 

Pauline Le trou de la Sécu... J'en entends parler mais bizarrement ça me semble très loin et mon avis est plutôt mitigé. Est-ce parce que je n'y suis pas directement confrontée ? En y réfléchissant c'est assez merveilleux de vivre dans un pays qui permet d'accéder aux soins plutôt facilement. Il n'y a qu'à faire un tour aux États-Unis pour se rendre compte de la chance que l'on a. Malheureusement la Sécu est en mauvaise santé depuis trop longtemps maintenant et je pense qu'il serait judicieux de mettre en place des réformes pour conserver ce bien et éviter encore trop d'abus. Y a-t il une solution pour éviter encore que trop de personnes abusent de ce droit français au détriment des personnes qui en ont vraiment besoin ? Est-il possible aujourd'hui de réduire des dépenses inutiles ? Je ne cracherai pas sur la Sécu, c'est souvent plus facile de critiquer plutôt que d'apprécier. Oui ça m'arrive de râler car tel ou tel médicament n'est plus remboursé mais au quotidien, j'ai de la chance. Je suis migraineuse avec des traitements lourds mais je suis ravie de dégainer ma carte vitale sans me poser de question lorsque je fais une visite de contrôle chez mon médecin. Il serait peut-être temps aussi de se prendre par la main, d'être plus responsable et surtout d'apprécier ce droit français...

 

 

 

 

 

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