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Ma vraie vie à... Tokyo

6.04.2012

 

 

Tokyo


 

Chéri, ça ne te dirait pas d’aller changer d’horizon pendant un an ???

 

C’est ce que vous aurez envie de dire après avoir achevé la lecture de ce compte-rendu hyper dépaysant et drôlissime que nous a envoyé Hélène, Paresseuse expatriée au Pays du Soleil Levant. Un endroit qui a toutes les qualités : la nourriture y est divine (comme chez nous) ET bonne pour la ligne (pas comme chez nous), et ce n’est pas dit dans le post mais on sait que, là-bas, ils sont fans des dessins de Soledad (comme nous)...

 

 

 

 

 

« Moi pour vivre ma vie d’expat', j'étais bien branchée US ou Canada. Mais on a eu le Japon, Tokyo. Tokyo : du monde partout, des mangas et des sushis. J'aime pas les sushis, le monde merci, et alors les mangas, ça va, je préfère lire des vrais livres. En un an... j'ai le temps de changer d'avis et de tomber amoureuse de la langue, de la culture (mangas compris) et de la cuisine.

 

 

 

"Vous êtes au Japon !! Mais vous n’avez pas peur ?"

 

Parents, beaux-parents et copains (sous la menace certes) sont venus voir de leurs beaux yeux si on était bien en vie après l'affaire Fukushima, donc rassurez vous : je ne brille pas (encore) la nuit. Vous aussi, vous pouvez venir et manger des sushi ! Et les tremblements de Terre, modulo celui du 11 mars de l'année dernière, on n'en a pas beaucoup. Les séismes ici, ça fait partie intégrante du Japon. Tout le monde est entraîné et, à part moi qui suis toujours à deux doigts de me jeter sous la table, tout le monde garde son calme, quelle que soit la force de la secousse. Et pour la nourriture du supermarché, oui on fait bien gaffe à ce qu'on achète (pour la locabiovore attitude, on repassera), et on boit de l'eau en bouteille. On dit à tout le monde qu'on mange bio et ça rassure les proches. En vrai, j'ai dû acheter trois clémentines et deux pommes bio depuis le début, à 20 euros le tout.

 

 

 

"Mais vous n’en avez pas marre des sushis ?"

 

Bon, on va tout de suite parler de cette histoire de sushi, ne croyez pas (comme je l'ai fait) que les Japonais ne mangent que ça. De notre côté, hors période de Noël, on ne mange pas du foie gras tous les soirs non plus... Même si il faut l'avouer, leur poisson est à se damner. Alors allez-y, goûtez à toute la cuisine japonaise : des ramen, des tempura, des onigiri, des légumes frits, des sashimis, des tonkatsu, des okonomiyaki, des soba, des udon, des nabe, des oden, des chanco (le repas des sumos !), le boeuf de Kobé...  La cuisine d'Hokkaido, du Kansai, du Kanto, chacune a ses particularités et c'est un délice pour les papilles, parole de quelqu'un qui est arrivé il y a un an, en criant que moi vivante, jamais je ne mangerai de poisson cru.

 

 

Bon, et sinon, ils ont d'excellents Italiens, pour faire le plein de gras de temps en temps, c'est indispensable, et parce que sans dessert,s la vie est un peu triste. Et ce malgré ma passion toute nouvelle pour la pâte de haricot rouges sucrée (au doux nom de anko), qui se mange sous toutes sortes de formes aussi surprenantes que délicieuses.

 

 

Pour les aventurières qui n'ont peur de rien, je vous conseille le natto. Vous pouvez en trouver particulièrement soit dans les restaurants de sushis (sushiya) soit au supermarché. Si nous, on sort le vieux camembert coulant un poil moisi pour effrayer les touristes, eux, ils ont le natto, des petites fèves de soja fermentées longtemps... longtemps... Ça ne s'oublie pas, vous allez voir.

 

 

 

"Les ramen, le truc en boîte là ? Je ne vais pas faire 9.000km pour que tu me fasses manger un truc en boîte quand même."

 

Les ramen, les vraies, pas celles qu' on se faisait quand on était étudiant, non, un grand bol de pâtes faites maison dans un bouillon bien parfumé avec des petites pousses de soja croquantes et un oeuf mollet mariné avec un jaune fondant : un délice. Elles sont devenues mon plat préféré au Japon. Je soupçonne vaguement le fait que ce soit parce que c'est le seul plat qui contient un peu de gras. Selon mon humble avis, le meilleur resto que j'ai testé est à Ikebukuro, à la sortie  "Seibu East Exit", à droite à 300m, c'est juste a l'angle du grand carrefour. On ne peut pas le louper avec une queue d'en moyenne vingt minutes pour être assis en mode comptoir pour les quinze places de ce mini restaurant. Le temps d'attente est souvent plus long que le temps effectif du repas, mais promis, ça en vaut la peine. Ah, et vous serez mignonnes, vous oubliez toutes les règles de politesse et vous aspirerez vos pâtes en faisant le plus de bruits possible.

 L’adresse : Mutekiya 1-17-1 Minami Ikebukuro, Toshima-ku, 171-0022 Tokyo (Mon conseil : un Genkotsu men avec un "tamago topingu" - supplément oeuf)

 


Sinon, on va souvent dîner/boire un coup dans des "izakaya" (genre les bars à tapas version jap) quasi toutes les semaines avec des copains pour commander sur une tablette (pas aussi cool que l’Ipad, mais promis, c'est quasi pareil), à Shibuya, où tout est à 270 Yen (environ 2,70 euros), les pintes, les cocktails, les softs, les edamame (ça ressemble à des petits pois mais ce sont des petites fèves de soja, avec le même côté addictif que les cacahuètes - on en trouve chez Picard), les frites (oui c'est pas jap jap mais elles sont vraiment pas mal), les petits plats... Le principe est simple : on partage tout, les plats et l'addition. Super convivial. Ils se ressemblent tous et sont de qualité à peu près égale. Il y en a à peu près partout, et vous n'aurez qu'à suivre les hommes pancartes dans la rue marqués "270". Après il y a aussi des izakaya en mode super bouis-bouis où on mange des yakitori en buvant une bière (notamment vers Yurakucho, sous les arcades).

 

 

 

"Et sinon tu fais quoi à part manger ?"

 

Bon je ne fais pas que manger, il y a aussi des trucs culturels comme le musée Ghibli (Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro...), et beaucoup de musées merveilleux, mais pour ça, le Guide du Routard vous le racontera très bien. Bien sûr, le marché Tsukiji est incontournable pour aller voir le plus grand marché au poisson du monde et manger les meilleurs sushis, les plus tendres et les plus frais (et promis, ça passe même a 8h du matin). Le menu est sans doute un brin plus cher que dans les autres endroits de Tokyo, mais le poisson est  fondant comme du beurre. Libre à vous de tenter l'aventure avec les makis d'entrailles de calamar, l'oursin, l'anguille, le poulpe et autres...

 

 

Sinon un truc à faire AB-SO-LU-MENT, les onsen : les sources chaudes japonaises. S'il est vrai qu'être toute nue avec plein d'inconnues n'a pas l'air hyper tentant, eh bien, se plonger dans un bain d'eau de source à 40 degrés est un plaisir sans nom, et finalement, on n’est pas si mal débarrassée du maillot, entre filles. Et je ne vous parle même pas de tous les bienfaits, pour la peau, les articulations, le stress. A chaque source, ses maux en moins. Je vous conseille le Oedo Onsen à Odaiba  pour son côté traditionnel et le Seta Onsen pour un côté plus intime (il possède deux bains en extérieurs mixtes et en maillot, pour les plus pudiques). Pour plus d’infos, regardez leurs sites ici et ici.


 

En ce moment, on célèbre le "hanami" (regarder les fleurs), on va pique-niquer dans les parcs en regardant les fleurs de cerisier. Ça a un coté hyper zen, et un poil décalé puisque la floraison ne dure que deux semaines, donc ça limite un peu, mais c'est bon enfant. Le Japon est rempli de plein de petits temples et parcs qui ne demandent qu'à être découverts, ces parcs s'illuminent pendant la floraison des cerisiers et n'attendent que vous pour vous allonger, une bouteille chaude de thé (ça se vend dans toutes les épiceries, maintenues dans des étagères chauffantes, c'est une invention de génie) à la main et un petit bento. Entourée certes de 300 personnes avec des zooms longs comme le bras, pour prendre ces fameux pétales magiques ! C'est très dépaysant. Ça se passe à Yoyogi koen ou à Shinjuku gyoen.

 

 

Sinon, Tokyo offre beaucoup de petites escapades faciles d'accès. Le Mont Fuji (Fuji san) n'est qu'à deux heures et, avec un peu de courage, vous pourrez le grimper en juillet/août. Kamakura ou Kawagoe vous font une belle découverte du Japon antique au temps des shoguns et des samouraïs pour les périodes Kamakura, Edo, Meiji et Kaisho. Vous pourrez également prendre le Shinkansen pour découvrir Kyoto et ses 1200 temples, Nara avec ses daims en liberté et son Bouddha géant, Osaka et ses takoyakis, Hiroshima et son musée de la Paix ou Miyajima et son fameux torii vermillon immergé dans l'eau.

 

 

 

"Tiens, les Iphones, ça ne doit être pas cher, tu nous en ramènes quelques uns ?"

 

La technologie au Japon, c'est un truc dont ils sont assez fiers, et comme en plus il n'y a pas de problèmes de sécurité, les gens sont tranquillou avec leur tablette tactile, leurs consoles ou leur téléphone dernier cri. Mais à côté de ça, à la proximité des temples ou dans le métro même, on croise souvent des femmes en kimono et, lors des fêtes de quartier, beaucoup de jeunes filles en profitent pour mettre un yukata traditionnel chatoyant. C'est incroyable de voir à quel point ce pays arrive à admirablement jongler entre la tradition et la technologie. Et sinon, à part pour le matériel photographique, ce n'est globalement pas plus intéressant d'acheter au Japon. Il y a toujours des exceptions bien sûr, mais globalement, avec le yen très fort, c'est pas le super good deal.

 

 

Puisqu'on est dans la technologie : les toilettes japonaises ! Ça, c'est de la technologie. Siège chauffant, jets d'eau pour mesdames ou pour tout le monde, séchoir, puissant désodorisant intégré, chasse d'eau automatique, petit bruit imitant la chasse d'eau pour dissimuler les bruits... Ils sont forts. Et donc, les premières fois sont très surprenantes, à tel point qu'on se surprend à avoir des discussions de plusieurs heures sur le sujet des toilettes. Non, mais vraiment.

 

 

 

"Et le Japonais, c'est facile ?"

 

Bien sûr, pour quelqu'un comme moi qui parle dix-huit langues, il m'a fallu trois semaines pour maîtriser les 10.000 kanjis, leurs deux alphabets syllabiques et les X formes de langages différents selon le degré de politesse... En vrai, je galère pas mal, genre bien. Après un an de cours, j'ai fait un nombre de boulettes incalculable, comme dire à ma banquière qu'elle était très "fromage" en voulant flatter son anglais, demander un verre d'eau sans poulet (mais j'ai rectifié et je l'ai demandé sans algue après),  j'ai aussi confondu "contraire" et "porno" dans une phrase, sans compter toutes les fois où je n'ai pas réalisé que j'avais dit une énormité. La réaction japonaise est souvent la même : ils sourient poliment, font genre de comprendre pour ne surtout pas vous blesser, ce qui est étonnement fourbe au final.

 

 

De toute façon les Japonais sont vraiment foncièrement gentils (de manière générale, tout pays ayant bien sûr ses boulets), polis à l'extrême, et le service est rarement autre chose que parfait. Dans mes règles de politesse chouchoutes, la courbette, qui me décroche tantôt  un sourire, tantôt un haussement de sourcils. Eh oui, ici pas de bisous, pas de câlins dans la rue, pas d'effusion de joie en public, mais des courbettes, ça ! Donc on s'y met, hein, et on essaie de piger que selon la profondeur et l'angle de la courbette, ça dévoile la position par rapport à votre interlocuteur. Il y a des bouquins et des émissions télé qui expliquent comment être bien poli et tout.

 

 

A contrario, puisque personne n'est parfait, ils sont un tantinet psycho rigides, avec une relative impossibilité à entreprendre ce qui n'est pas écrit ou prévu. Nous, Français, du genre "non mais attendez, on peut s'arranger", nous nous heurtons ici un mur de ferme politesse. Leur pays marche avec des règles de vie et de conduite assez strictes, basées sur le bien-être de la communauté plus que sur le bien-être personnel : on ne sort globalement pas des lignes bien tracées. Avec ses avantages et ses inconvénients.

 

 

Après, je ne suis là que depuis un an et il me manque beaucoup d'informations pour comprendre toutes les subtilités des coutumes, du respect et du langage, et éviter trop les clichés. Il y a des millions de choses à découvrir encore sur le Japon et j'espère ne pas avoir raté trop de choses importantes. Cette année aura été pleine de découvertes. La plus grande a sans doute été de voir comment le Japon a pansé ses plaies suite aux sinistres que vous connaissez, dans l'humilité et une espèce de solidarité nationale très forte.

 

 

En attendant, vous pouvez vous imprégner de la culture japonaise avec des bouquins : vous avez Haruki ou Ryu Murakami, Yoko Ogawa ou des romans-bd comme ceux de Jiro Taniguchi. Vous pouvez vous plonger dans les mangas, les animes ou les dramas, ou vous immerger dans les blogs de cuisine japonaise (je suis beaucoup trop paresseuse pour suivre les recettes mais ça a l'air délicieux).

 

 

En espérant vous avoir convaincues mesdames, mesdemoiselles de venir au pays du soleil levant... Sayonara !

 

Hélène »

 

 

 

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