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J’ai testé... l’e-book

5.07.2012

 

 

Ebook

 

 

 

Il y a des fois dans la vie où l’on ne sait pas trop s’il faut avoir sur soi un livre, ou trois, ou cinq, ou dix. En voyage, par exemple : d’un côté on n’a pas envie de trop se charger, de l’autre, on ne voudrait pas tomber en rade au fin fonds du Rajasthan. D’où l’attrait du livre numérique, y compris pour des filles qui, telle votre blogueuse, s’autoproclament mémères de la littérature, avouant préférer à tous les écrans tactiles du monde le bon vieux papier, celui dont l’encre tache les doigts, dont on peut corner les pages, ou tordre la couverture, dans lequel on peut griffonner dans la marge, ou inscrire un numéro de téléphone (même si c’est un sacrilège...) Décidant de vivre avec mon époque, et bon, anticipant mes vacances de l’été : je me suis offert un Kindle. Feedback.

 

 

 

L’objet Petit, design, joli, mais... effrayant. Effrayant par sa simplicité : c’est comme tous ces nouveaux trucs inventés par feu Steve Jobs dont le fonctionnement est censé être simplissime, tactile, intuitif, mais sur lesquels on rêve en réalité d’énormes touches où il y aurait marqué « Appuie-là pour faire ça. Et là pour faire ça, ma bécasse. » Pas du tout geekette et totalement allergique à la lecture d’une notice, je commence donc par me retrouver avec ce gentil rectangle en métal brossé que je ne sais absolument pas par quel bout prendre. Réfléchir à la manière de télécharger des livres là-dedans m’épuise d’avance. Moi, ce que je voulais, c’était ouvrir le paquet, et zou, commencer à bouquiner !

 

 

L’usage Ok, soufflons un grand coup, et surtout, grandissons un peu. La manipulation s’apprend assez vite, toute seule, sans se farcir trente pages d’explications numériques, il faut juste s’armer d’un brin de patience, et résister à la rage de flanquer son appareil par la fenêtre (en se souvenant par exemple qu’on l’a payée cher, cette bébête). On s’attache très vite à ce joujou qui traîne sur la table de nuit : dès qu’on a compris le principe, on se laisse aller à télécharger à gogo, au moins de quoi remplir six semaines de RTT à vue de nez, et on se plonge dans quelques pages dès qu’on a trois minutes. Le point positif, donc, c’est qu’on lit plus. D’autant que ni l’encre numérique ni la luminosité ne fatiguent l’oeil (rien à voir avec un ordi). Difficile néanmoins de devoir dire adieu à ses manies de lectrice papier : on s’irrite de ne pas savoir exactement où on en est par rapport à l’épaisseur du bouquin (un pourcentage en bas indique si on a lu 10%, 20%... ce qui n’est pas exactement la même sensation). On regrette aussi de ne pas pouvoir feuilleter et se balader facilement dans le roman (personnellement, j’adore piocher des phrases au milieu, voire lire le mot de la fin, alors que je n’en suis qu’à la page 35). 

 

 

Les livres Alors là, c’est vraiment le point faible. Tous les livres dont on a envie ne sont pas forcément téléchargeables (pour l’instant). Mon premier choix : le dernier Paul Auster, Sunset Park. Pas disponible dans ma e-boutique. Je me dis que j’aurais peut-être plus de chance avec du classique et je passe à mon second choix : L’Attrape-coeur de Salinger. Pas disponible non plus, pas plus que Franny and Zooey, du même auteur, mon troisième choix. J’essaie aussi avec Bye-bye Blondie, parce qu’une copine est en train de le lire en poche. Il y a bien des Virginie Despentes à télécharger... mais pas celui-là. Zut à la fin ! Je procède donc autrement et décide de consulter ce qui est proposé : des polars à la pelle, du Guillaume Musso, du David Foenkinos... Pas ma cup of tea. Ah tiens ! La Petite garce dans la prairie est dispo ! La Petite garce dans la prairie, c’est l’autobiographie d’Alison Arngrim, alias Nellie dans... La Petite maison dans la prairie. Si vous avez suivi ce blog hier, vous vous en doutez : je clique sur « Acheter ». 7 euros 98 et trois nanosecondes plus tard, je peux commencer à me plonger dans les souvenirs (pas roses) de ma peste préférée.

 

 

Le plus Il y en a un : c’est que tous les classiques du domaine public sont... gratuits. De Zola à Poe en passant par Dostoïevski et la comtesse de Ségur, on peut réviser ses classiques pour pas un rond. Il faut juste trouver le temps d’écumer tous ces pavés alléchants. Attention tout de même lorsqu’on télécharge : tout n’est pas toujours bien indiqué dans les e-boutiques, et moi, je me retrouve avec une version espagnole d’Emma de Jane Austen, et un Eugénie Grandet de Balzac en allemand ! Mais à part ça, cette profusion est une formidable opportunité pour les lectrices voraces que nous sommes... et pour l’heure, la seule vraie concurrence pour les librairies traditionnelles (que je me sens tellement coupable de délaisser, moi qui ai forgé mon amour des livres grâce, notamment, aux recommandations ingénieuses de libraires passionnés par leur métier...)

 

 

En résumé... l’e-book, c’est bien parce que c’est pratique une fois passé le premier quart d’heure de perplexité et d’énervement, c’est bien aussi parce que ça donne l’envie de lire tout de suite, mais c’est moins bien parce que l’appareil coûte cher, et qu’il ne donne pas un accès illimité à tout ce dans quoi on a envie de se plonger. Bref. Gutenberg est peut-être en train de se retourner dans sa tombe. Mais Balzac et consorts sont peut-être en train de danser la gigue !

 

 

 

 

 

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