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Le plan cul...ture du jeudi : Et pan... Pancol !

30.08.2012
30 août

Par Garance, aka notre adorable pipelette.

 

« Katherine Pancol, c’est forcément l’auteur des Yeux jaunes des crocodiles, de La Valse lente des tortues et des Ecureuils de Central Park… les trois romans qui ont fait le plus parler d’elle. Mais Mme Pancol, dont vous trouverez la biographie sur le site Internet officiel, ce n’est pas simplement des romans avec des noms de mammifères. C’est avant tout une écrivaine qui a le pouvoir de vous transporter dans son univers.

 

http://www.katherine-pancol.com/biographie

 

Comme tout le monde, j’ai découvert son écriture et son style avec Les Yeux jaunes des crocodiles. Pas forcément évident de se mettre dans le livre au début, parce que le rythme d’écriture est très soutenu, qu’il y a beaucoup de personnages, donc beaucoup de noms à retenir, de filiations à comprendre, d’histoires à recouper… Mais dès qu’on est dedans, on n’en sort plus. Les personnages ne sont pas des super-héros, mais des personnes comme vous et moi (bon, ok, un peu mieux quand même car leur vie mérite tout de même 800 pages Albin Michel !), et du coup c’est facile de s’y identifier. Le décor n’est pas différent de notre cadre de vie (la plupart du temps) : Fécamp, Montrouge, la banlieue parisienne… Katherine Pancol ne nous amène pas forcément dans des lieux paradisiaques, tout simplement parce que dans ses romans, il n’y a pas besoin d’artifices et de luxe pour nous faire adhérer. Le  rêve, l’excitation, elle sait nous les donner par des traits de caractère des personnages… et la façon dont elle nous raconte leur vie, La Vie.

 

Les personnages, et les femmes des romans, c’est ça que j’aime chez Pancol. Que ce soit Jo, Agnès, Kay ou encore Juliette, toutes les héroïnes de Pancol sont des passionnées. Des femmes qui ont du courage, et de l’ambition. Elles ne font pas rêver par leur excessive beauté ou leur fantastique métier (que l’on n’a même pas eu l’occasion de nous présenter au salon de l’étudiant à l’époque où on se cherchait encore une voie… sinon c’est certain, on se serait renseigné sur le cursus à faire pour y accéder !) ou encore leur très réussi portrait de famille (mariée, deux enfants, un chien et une voiture break pour les week-ends à la campagne… non, non, non, ce n’est pas Danielle Steel !) Elles font rêver par leur mélange de fragilité (parce que c’est de la fragilité que naît la force), de blessures (on les sens écorchées, parfois à vif, à sang), de normalité (elles ne possèdent pas de super pouvoirs !)… Ce que j’admire par-dessus tout, c’est leur détermination, ce qui me manque à moi parfois. Elles ne se posent pas dix mille questions, ne sont pas indécises à l’excès… elles sont courageuses et fortes. Elles vont au bout des choses, n’abandonnent pas. La peur est présente dans les livre de Pancol, le doute aussi… mais ce ne sont que des sentiments passagers, pas une fatalité. Je pourrais continuer encore longtemps (surtout avec l’aide d’un dictionnaire des synonymes), mais je ne ferrais que répéter la même chose différemment.

 

Je me suis souvent rêvée en héroïne de roman. Mais c’était souvent pour des futilités, pour la garde-robe des filles des romans se déroulant sur Manhattan, pour le joli garçon qui se couchait le soir à leur côté. Mais se rêver en héroïne de Pancol, vouloir être une Juliette, une Hortense ou une Angelina, c’est vouloir relever des défis, se faire mal parfois, avoir du caractère et assumer ses choix, ses erreurs, dompter ses peurs, refouler ses doutes, et marcher fièrement la tête haute vers sa destiné, celle que l’on s’est choisie… et tant pis si parfois ça bouscule un peu les mœurs, ça choque les traditionalistes. Pancol donne envie de se remettre en question et de révéler la guerrière qui est en nous !

 

Par rapport à l’écriture... Qui a dit que lire était reposant ??? Pour moi, un roman comme Et monter lentement dans un immense amour, c’est du sport ! Parce qu’il faut tenir le rythme imposé par la cadence des mots. C’est ça qui est excitant dans ce livre : pas de répits, les mots s’enchaînent, les phrases se succèdent… c’est même parfois violent (violent dans les mots choisis, un peu crus, provocants, voire agressifs). On voudrait faire une pause, demander à pouvoir se reposer sur une virgule, juste reprendre sa respiration sur un point, s’échapper le temps d’un alinéa, ralentir pendant une parenthèse… mais non, Katherine Pancol ne nous laisse pas le choix, il faut poursuivre, avancer… continuer… découvrir, comprendre, dévorer… Le suspense, l’amour, la vérité n’attendent pas… nos héroïnes non plus. On est parti pour une longue endurance… ou plutôt une course folle car parfois, il faut accélérer pour ne pas se laisser dépasser par l’histoire… On sent alors son cœur battre aussi vite que nos yeux qui passent d’une ligne à l’autre… nos mains tournent rapidement les pages… comme pour suivre un fil d’Ariane que l’on viendrait de trouver et que l’excitation nous pousserait à tirer de plus en plus vite, de plus en plus fort… Et vous savez quoi, à vous raconter ce rythme d’écriture, je sens aussi mes mains accélérer, sur le clavier, se pancoliser…

 

Je n’ai jamais été très douée pour les fiches de lecture imposées en cours de Français, parce que je trouvais que résumer, c’était triste… que la seule chose que je pouvais dire à quelqu’un, c’était « lis ce livre, j’ai beaucoup aimé, j’espère que tu aimeras aussi… ». Et surtout, laisser sa chance au produit… Et puis la fiche de lecture bien ordonnée, bien standardisée ce n’était pas très fun… pas très vendeur… Alors j’espère que, quinze ans après cet exercice du collège, je me suis un peu mieux débrouillée et que vous aurez, vous aussi, envie de vous pancoliser. Laissez-vous tenter (commencez par Moi d’abord, ou Scarlett, si possible), et ne renoncez pas… un livre comme un CD, ça se lit jusqu’à la dernière page… Et puis en plus de vous avoir fait aimer ces ouvrages, peut-être que comme moi, ça vous donnera envie de jouer à la Pancol… comprendre, laisser ses mains tapoter une douce mélodie sur un clavier pour raconter, sans se la raconter…

 

Garance »

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