Le méga conseil du mardi : peut-on soigner les timides ?
« Je suis timide mais je me soigne » : depuis un film des années 70 dans lequel Aldo Maccione (!) coachait Pierre Richard, c’est toujours le premier titre qui vient à l’esprit quand on écrit sur la timidité. Combien d’articles sur le sujet se sont intitulés ainsi ! En 2010, un film a réussi à traiter ce thème avec nettement plus de justesse : Les Emotifs anonymes, dans lequel Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde ont du mal à s’avouer leurs sentiments, une comédie romantique dont votre blogueuse avait parlé ici.
Après avoir confessé ses TOC et s’être trouvée tout un tas de consoeurs Paresseuses aussi toquées, c’est donc en rougissant que votre blogueuse va vous exposer aujourd’hui sa timidité ! Un défaut qui n’est plus aussi paralysant que dans l’enfance, mais reste tout de même enquiquinant. D’autant que si on apprend à le dompter (un peu) avec l’âge, il ne disparaît jamais néanmoins vraiment... J’imagine qu’il y a de grandes timorées parmi vous, lectrices. Ne trouvez-vous pas que le manque d’assurance est souvent mal perçu ? Que la timidité donne lieu à pas mal de fausses impressions et de contresens ?
Exemples :
La timide apparaît souvent comme froide et distante Ok, la timide ne dit pas toujours bonjour et s’arrête rarement pour faire des compliments. Mais ce n’est pas par snobisme : c’est parce qu’elle a peur qu’on ne lui réponde pas, qu’on ne la reconnaisse pas (« Oui, d’accord, bonjour, euh... On se connaît ? »), parce qu’elle craint de déranger, ou qu’il y a du monde et que c’est difficile de prendre la parole. Parce qu’elle est persuadée de n’avoir rien à dire ou de manquer de répartie, aussi. Celles qui ne connaissent pas la timidité ne connaissent pas non plus cette étrange paralysie que le cerveau dicte au corps : c’est comme si les muscles s’arrêtaient de fonctionner. La bouche peut s’entrouvrir, mais... difficile d’en faire sortir un son.
Peut aussi être timide celle qui blablate comme un moulin à paroles La timide, c’est parfois la grande gueule de service, ou celle qui monopolise la parole depuis une heure. La première se force souvent à agir ainsi pour exorciser sa réserve, et comme il est difficile de savoir doser, elle a tendance à être très véhémente, à parler fort, à s’exprimer sur tout et n’importe quoi, la politique, les livres qu’elle n’a pas lu, tout. Quant à la seconde, elle est sûrement trop contente qu’on lui ait donné la parole et en profite pour compenser toutes les fois où elle s’est astreinte au silence. Car ce n’est pas que la timide n’aime pas parler, c’est plutôt qu’elle n’ose pas se lancer. Comme à l’école où elle n’était pas du genre à lever le doigt, mais où, si le prof l’interrogeait, elle pouvait soudain dégoiser jusqu’à la sonnerie.
On imagine la timide habillée en rose Dans l’inconscient, on a toujours envie de la comparer à une fleur, parce qu’elle est supposée rougir comme une tulipe, raser les murs comme une pâquerette. Euh... la timide n’est pas nécessairement neuneu ! Au contraire, elle s’habille parfois comme une conquérante. C’est le cas de votre blogueuse, qui serait incapable de sortir en pastel, tant elle a besoin de son « armure » : du noir, des jeans slim, des épaulettes, tout ce qui donne l’impression qu’elle est très décidée, parfaitement maîtresse d’elle-même, et que non elle n’est pas une stagiaire. D’autres raffolent du rouge et de la couleur en général, car la timide ayant tendance à se voir transparente, elle aime bien les teintes vives qui la posent là.
On n’a pas idée de tout ce qui cause souci aux timides... Savoir s’il faut regarder les gens dans les yeux quand on leur parle, par exemple : car si on ne le fait pas, c’est considéré comme malpoli, mais si on le fait, en général, on ressemble à Charles Trenet (vous savez, avec les deux billes grandes ouvertes qui fixent leur interlocuteur...) Autre grosse difficulté, savoir s’il faut faire la bise ou pas (et si oui, combien de bises ?), savoir s’il faut dire « tu » ou « vous », savoir si on aurait vraiment dû dire ça ou pas... Autant de questionnements dont d’autres se sortent sur le ton de l’humour, mais qui laissent les timides catastrophées d’avance.
Alors, chères Paresseuses... Est-ce que tout cela vous parle, ou pas ? Ou êtes-vous une armada de téméraires qui n’a peur de rien, et surtout pas de prendre la parole, et surtout pas de regarder dans les yeux, et encore moins de prendre l’initiative de faire la bise ? (Et si c’est le cas, n'oubliez pas de donner aux autres vos méga conseils pour vaincre leur timidité !)




