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Le livre d’Elise : Réparer les vivants de Maylis de Kerangal

25.09.2014

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Le livre d’Elise Réparer les vivants de Maylis de Kerangal (2014)

 

 

Ce que dirait la 4ième de couverture si je l’avais écrite Simon Limbres est un jeune homme de 17 ans qui, au retour d’une session de surf matinale, percute un pilône et se retrouve en état de mort cérébrale. S’enclenche alors une épopée pour sauver ses organes et pouvoir les transplanter.

Simon, son cœur et son corps, ses parents, les médecins et sa famille : tous sont embarqués dans une spirale dont la seule issue est la mort de Simon. C’est l’histoire d’une transplantation, écrite par une plume que j’ai ainsi découverte et qui signe un roman incroyablement beau.

 

 

Pour quelles Paresseuses ? Le don d’organes fait encore débat… je crois. Et pourtant il ne devrait plus… je crois.

Il est des romans qui ne vous laissent pas inchangée, qui laissent une empreinte en vous, qui étoffent votre jardin intérieur. Réparer les vivants est l’un de ceux-là.

 

 

Le moment idéal pour le lire Où que vous le lisiez, ce roman remet les choses en perspective. Je l’ai lu dans une phase « intense » où mon quotidien était bien rempli, voire un peu trop rempli.Ilparle de sentiments, de vie, de mort, d’amour et d’amitié, mais surtout il rappelle une chose essentielle : nous ne sommes pas éternels, personne ne l’est.

Ça m’a aidée à prendre du recul, vis-à-vis du quotidien, à la pression qu’on se met toutes, et vis-à-vis des personnes qui m’entourent également.

 

 

Le  petit extrait qui me trotte encore dans la tête… La première (longue) phrase du roman : « Ce qu’est le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain, depuis que sa cadence s’est accélérée à l’instant de la naissance quand d’autres cœurs accéléraient de même, saluant l’évènement, ce qu’est ce cœur, ce qui l’a fait bondir, vomir, grossir, valser léger comme une plume ou peser comme une pierre, ce qui l’a étourdi, ce qui l’a fait fondre – l’amour ; ce qu’est le cœur de Simon Limbres, ce qu’il a filtré, enregistré, archivé, boite noire d’un corps de vingt ans, personne ne le sait au juste, seule une image en mouvement créée par ultrason pourrait en renvoyer l’écho, en faire voir la joie qui dilate et la tristesse qui resserre, seul le tracé d’un électrocardiogramme déroulé depuis le commencement pourrait en signer la forme, en décrire la dépense et l’effort, l’émotion qui précipite, l’énergie prodiguée pour se comprimer plus de cent mille fois par jour et faire circuler chaque minute jusqu’à cinq litres de sang, oui, seule cette ligne là pourrait en donner un récit, en profiler la vie, vie de flux et de reflux, vie de vannes et de clapets, vie de pulsations, quand le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain, lui, échappe aux machines, nul ne saurait prétendre le connaître, et cette nuit là, nuit sans étoiles, alors qu’il gelait à pierre fendre sur l’estuaire et le pays de Caux, alors qu’une houle sans reflets roulait le long des falaises, alors que le plateau continental reculait, dévoilant ses rayures géologiques, il faisait entendre le bruit régulier d’un organe qui se repose, d’un muscle qui lentement se recharge – un pouls probablement inférieur à cinquante battements par minute- quand l’alarme d’un portable s’est déclenchée au pied d’un lit étroit, l’écho d’un sonar inscrivant en bâtonnets luminescents sur l’écran tactile les chiffres 05 :50, et quand soudain tout s’est emballé. »

 

 

C’est pas moi qui l’ai dit « Si les phrases ne semblent pas s’arrêter, si elles s’étirent comme des notes de musique tenues jusqu’à l’impossible, c’est qu’elles sont proférées dans un souffle unique, luttant contre la mort, retardant toujours l’extinction finale. » (Marine Landrot – Télérama)

 

 

Et pour aller plus loin… Ecoutez Maylis de Kerangal lire un extrait de son livre ici. Puis, si vous souhaitez faire faire votre carte de donneur d’organe (lisez d’abord le roman)… c’est ici.

 

 

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